20.09.2007

message céleste

Origines

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Juillet 2217


Le regard triste et éteint, Aven observait, un pincement au coeur, le firmament constellé de milliers d'étoiles. C'était une nuit limpide et sans lune, la sphère céleste offrait un magnifique spectacle. Aven vit une gigantesque barre laiteuse et irrégulière traverser la Voie Lactée. Les étoiles scintillaient. Parmi ces constellations, Aven espérait déceler un signe qui témoignerait de la présence de Fenella, sa tendre bien-aimée. Elle se trouvait quelque part dans la Galaxie depuis déjà une dizaine d'années. Aven espérait son retour du plus profond de son âme. Son départ avait provoqué une terrible déchirure qui, à ce jour, ne s'était toujours pas refermée.

Il errait comme une âme en peine dans ce monde de désolation, en solitaire. La population de la planète Terre représentait en ce vingt-troisième siècle une goutte d'eau dans un océan. Les terribles catastrophes naturelles de ces deux derniers siècles avaient décimé la race humaine. Les survivants se trouvaient pour la plupart par petits groupes de trois ou quatre, en quête d'un monde meilleur et dans l'espoir de rencontrer leurs congénères. Ils luttaient pour vivre, tout était dévasté. La technologie du siècle passé avait été rayée de la surface de la terre, il fallait tout reconstruire et repenser la planète dans une nouvelle perspective. Certains s'en sortaient bien : c'était le cas d'Aven qui avait réussi à bâtir durant ces dernières années un dôme souterrain dans lequel il vivait. Aven était un être aux capacités intellectuelles exceptionnelles qui avait su maîtriser les caprices de la planète. En dépit des maigres ressources qu'il avait à disposition, il s'était constitué une myriade d'appareils utilitaires lui permettant de faciliter son quotidien.

En ce soir de Juillet 2217, il méditait tranquillement sur sa terrasse en forme de dôme, scrutant le ciel pour tenter de se rapprocher de sa bien-aimée. Les étoiles étaient particulièrement scintillantes en ce début de soirée, l'une d'elle attira son attention. Il ne s'agissait pas d'une étoile en réalité mais d'une planète, probablement Vénus, songea Aven en remarquant son éclat blanc. L'étoile du Berger ! Peut-être que Fenella se trouvait sur celle-ci !

Il se remémora ce jour de mai 2207 lorsque le peuple Galien lui avait brutalement arraché l'être qui lui était le plus cher au monde. Il avait vu le visage laiteux de Fenella se sillonner de larmes aussi grosses que des gouttes de rosée. Les Galiens avaient ordonné à Fenella de les suivre, lui compressant ses bras fragiles. Elle avait tourné la tête en direction d'Aven, totalement abattue. Le coeur d'Aven s'était déchiré à son air si désemparé. Elle, rayonnante comme un soleil, avait perdu de sa luminosité, son regard empli de malice avait disparu, seules l'affliction et la douleur transparaissaient sur son visage angélique. Aven ressentait la souffrance de Fenella. Ils étaient en harmonie sur tous les plans, se transmettant leurs pensées sans aucun besoin de se parler. Cet amour inconditionnel qui les unissait les rendait différents des autres, ils étaient en symbiose comme s'ils formaient un seul et unique être. Ils percevaient la douleur ou la joie de l'autre, étaient plongés dans le même état d'esprit à chaque moment et communiquaient principalement par télépathie. C'est ce qui avait permis à Aven de ne pas sombrer après la séparation physique de sa douce et tendre bien-aimée. Il souffrait de ne pas pouvoir la serrer dans ses bras, de ne pas pouvoir s'imprégner du parfum délicat de sa chevelure, de ne pas entendre le timbre mélodieux de sa voix mais les messages télépathiques que lui envoyaient Fenella le rassérénaient. Il ne savait pas s'il la reverrait un jour à ses côtés, elle-même ne connaissait pas sa destinée.

Ses pensées se tournèrent vers le peuple Galien, responsable de cette séparation douloureuse. Depuis plus d'un siècle, les Galiens se battaient sans pitié pour essayer de s'approprier des planètes découvertes au vingt-deuxième siècle. Ils dominaient dans l'univers, étant prêts à tout pour s'emparer du pouvoir mais il avait besoin d'êtres humains pour perpétuer leur race et surtout, d'êtres dotés d'une intelligence exceptionnelle. Ce qui les intéressait chez Fenella, était son jeune âge et sa spécialisation en astrophysique. C'était une scientifique de haut niveau qui faisait preuve d'une finesse d'esprit en matière d'analyses des données et d'interprétation des résultats. Elle décrivait les processus régissant la vie des comètes, des étoiles et des galaxies avec une extrême précision qui faisait d'elle une chercheuse inestimable. Les galiens l'avaient emmené de force, elle et quelques uns de ses collaborateurs, pour exploiter sans scrupule leur savoir.

Le peuple Galien était d'origine extra-terrestre. Comme la Terre, leur planète se mourait, ayant exploité à l'extrême les ressources nécessaires à leur survie. Et comme les terriens, il étaient à la conquête de nouvelles planètes. S'approprier les découvertes des terriens leur faisait gagner un temps précieux. Les terriens s'étaient montrés courtois à l'égard des Galiens mais ces derniers ne voulaient pas entendre parler d'une collaboration. Ils se refusaient à partager quoi que ce soit, étant convaincus qu'il n'y aurait pas assez de ressources pour deux races. Ils étaient en revanche prêts à exploiter les terriens pour le bien de leur peuple. Les Galiens représentaient par conséquent un peuple froid sans scrupule. Ils ne faisaient preuve d'aucun sentiment, agissant uniquement par instinct, l'instinct de survie de leur espèce. Cette distinction faisait toute la différence entre les Terriens et les Galiens.

L'estomac d'Aven se noua à l'idée de savoir sa bien-aimée entre les mains d'une espèce sans coeur, prête à sacrifier un être vivant uniquement par avidité. Il savait certes que les Galiens cherchaient à conquérir une nouvelle planète pour perpétuer leur race mais ces derniers étaient également connus pour leur ambition à dominer l'univers. Ils privilégiaient bien plus le pouvoir que la descendance de leur peuple. Mais avoir les deux était bien mieux !

Aven avait appris il y a quelques années que Fenella était victime de sévices et d'expérimentations sur son corps. Il envisagea pendant un temps sa perte définitive, il ne recevait plus de messages, son esprit restait vide comme si Fenella avait subitement été rayée de ce monde. Puis un jour il entendit Fenella l'implorer de l'aider. Une voix plaintive résonnait dans la tête d'Aven. Mais il était impuissant face à cet appel. Il n'avait aucun moyen de savoir où se trouvait Fenella et surtout aucune navette pour la rejoindre. Les Galiens avaient réquisitionnés tout matériel utile aux terriens et en particulier les moyens de transports. Ils cherchaient simplement à s'assurer qu'ils détenaient le monopole et qu'ils étaient les seuls à pouvoir voyager dans l'espace ou même sur terre.

Avec lassitude, Aven quitta son poste d'observation et rejoignit sa demeure. Il se plongea dans une intense méditation. Fenella avait tenté de communiquer avec lui le mois dernier mais Aven n'en avait pas saisi le message. Il avait senti qu'elle essayait de lui faire parvenir quelque chose de fondamental mais en vain. Il finit par somnoler et se remémorer les instants de bonheur partagés avec elle une quinzaine d'années plus tôt ...


Souvenirs


Juin 2203 par une belle journée ensoleillée...


Aven et Fenella sont pieds nus sur un tapis vert parsemé de petites fleurs de toutes les couleurs, savourant des instants de volupté près d'un gigantesque rocher surplombant une belle chute d'eau. Des colonnes d'eau jaillissent pour retomber majestueusement dans un lac. Ils se fondent harmonieusement dans ce décor pour ne plus former qu'un seul être. Les rayons du soleil qui percent les nuages blancs du ciel bleu azur, réchauffent et illuminent leurs coeurs d'une vague de chaleur sensuelle. Ils baignent dans un océan de douceur et de bonheur. Une étreinte dont ils ne se lassent pas puis Fenella se retire délicatement des bras de son bien-aimé pour rejoindre la cascade. Elle penche sa tête en arrière, dévoilant son cou fin et blanc, l'eau glisse sur son visage aux yeux clos telles des gouttelettes de rosée sur les feuilles à la lueur du jour.

Aven observe sa bien-aimée, elle est belle comme un bouton d'or, se dit-il, elle est mon rayon de soleil, celui qui éclaire mes jours et mes nuits, mon souffle de vie et mon arc-en-ciel, celui qui me fait voir la vie en couleur. Oh ma douce Fenella, tu es mon éternelle, celle que je recherchais et que j'ai enfin trouvée sur ce mont oublié de tous il y a de cela quelques mois. Depuis cet instant, ils avaient vécu une passion lisse de toute douleur, vivant chaque seconde ardemment comme s'il s'agissait de leur dernier souffle sur cette terre de désolation. Ils étaient restés l'un près de l'autre pour partager leur émoi, leur sentiment insaisissable, celui qui faisait palpiter leurs coeurs à l'unisson et les plongeait dans un vertige enivrant.

Aven décide de rejoindre sa bien-aimée sous ces somptueuses colonnes d'eau. Un sourire flotte sur ses lèvres, il entoure son visage de ses mains délicates en prenant soin d'essuyer les gouttes ruisselant le long de ses joues et penche sa tête pour attirer Fenella vers lui et l'embrasser. Ils partagent un long et fougueux baiser qui les conduit dans le doux vertige de l'amour. Ils ne voient pas le temps passer, la nuit tombe, les étoiles étincelantes et le clair de lune sous la voûte noire viennent éclairer les deux silhouettes devant le rocher. L'union de leurs corps les a plongés dans un sommeil paisible, ils sont étendus près du lac, sur le tapis verdoyant, enlacés. La béatitude se lit sur leurs visages détendus, loin de tout tourment. L'eau des rochers qui se déverse dans le lac les berce d'une douce mélodie, celle de l'amour. Ils dorment ainsi jusqu'au matin. Le ciel se paraît de nuances de bleus qui virent au rose, annonçant une aube nouvelle. Il va bientôt faire jour. Aven et Fenella vont devoir rejoindre le monde réel, un monde triste dans lequel tout doit être reconstruit. Ces instants de bonheur au contact de la nature sont les derniers trésors qu'offre la planète, des joyaux d'une rare beauté dont jouissent Aven et Fenella dés qu'ils le peuvent.

Le tombeau



Aven se réveilla très tôt le lendemain matin avec l'agréable sentiment d'avoir passé la nuit avec sa tendre bien-aimée. Il se souvint qu'il avait rêvé de cette journée au bord du lac en compagnie de Fenella, un moment mémorable, songea-t-il, l'un des plus beaux ! Ils n'étaient jamais restés aussi longtemps à l'écart de cette terre de désolation pour se ressourcer au coeur de la nature. Il se dit qu'il devrait retourner dans ce paradis terrestre. Ce contact avec la nature était le meilleur remède pour soigner ces maux quotidiens et oublier momentanément le monde cruel dans lequel il vivait depuis des années.

Il se concocta un petit-déjeuner copieux en vue de sa longue randonnée et partit à l'aube. Son dôme se trouvait au pied du mont où lui et Fenella se rendaient souvent pour retrouver la magie de la nature qui opérait sur eux comme un élixir. Ils s'unissaient à elle, leur amour en ressortait plus puissant à chaque instant passé sur ce lieu idyllique, c'était leur jardin d'éden.

Aven arpenta des sentiers abrupts, sillonna des chemins escarpés avant d'atteindre le mont. Une fois parvenu au sommet, il reconnut au loin ces colonnes d'eau qu'il n'avait pas vues depuis des années. Il n'était jamais remonté sur le mont sans Fenella, il avait trop peur de rouvrir des plaies à peine cicatrisées. Sa curiosité le poussa à continuer son excursion au-delà de ces chutes d'eau. Un chemin exigu, dissimulé par l'énorme rocher, conduisait à une magnifique forêt que lui et Fenella n'avaient explorée qu'une seule fois. Il longea un sentier étroit recouvert de toutes sortes de branchages qui l'empêchaient d'avancer aisément, devant se courber pour continuer sa marche. Il parcourut ainsi une centaine de mètres avant d'arriver dans une clairière au milieu de laquelle se dressait un tombeau éclairé par la luminosité du soleil. Il était monumental et recouvert en partie par des herbes montantes. Sur les côtés apparaissaient des sculptures délicates dans des petites niches de marbre représentant des statues, un homme et une femme. Sous ces dernières, on pouvait voir des enfants drapés et recroquevillés dans des petits médaillons en forme de coquille.

Aven s'approcha précautionneusement du tombeau, ébahi par ses gravures. Il repoussa de sa main les brindilles enveloppant la porte et remarqua qu'un texte était gravé. Il se pencha pour mieux lire, le front plissé et les yeux écarquillés par ce qu'il découvrait. Il parcourut à nouveau les hiéroglyphes, pensant qu'il interprétait de travers le message du tombeau qui mentionnait des détails troublants sur le présent et parlait de l'avenir de l'humanité. Au milieu d'un cercle sculpté était gravé un grand G dans un V majuscule. Aven reconnut aussitôt la célèbre sonde Voyager qui était représentée symboliquement à côté de deux êtres, un homme et une femme, situés au premier plan. L'homme levait la main en signe de paix. Aven identifia le système solaire avec sa flèche montrant de quelle planète venait la sonde. Il reconnut également le schéma permettant de situer notre soleil à l'aide de ses quatorze pulsars les plus proches de la Terre, aussi bien dans l'espace que dans le temps.

Ce texte plongea Aven dans une grande consternation. Il n'était pas tombé sur un simple tombeau, ce dernier était porteur d'un message universel ! Mais comment s’était-il retrouvé gravé dans un tombeau de plus de deux mille ans avant le lancement de la sonde ? C'était une énigme pour lui, un mystère insoluble. Il fit le tour de ce monument, espérant y déceler un indice qui le mettrait sur la voie, à la recherche d'un nouvel idéogramme susceptible de l'éclairer. Il ne trouva aucune information supplémentaire. Il se souvint être venu ici une fois en compagnie de sa tendre bien-aimée mais il n'avait aucun souvenir de ce gigantesque tombeau. Comment était-il possible qu'il ne l'ait pas remarqué lors de son escapade avec Fenella ? Peut-être était-il trop aveuglé par son amour pour sa bien-aimée pour s'apercevoir de la présence d'un tel édifice. C'est tout de même étrange que celui-ci ne m'ait pas interpellé, ne serait-ce que quelques secondes ! Même Fenella ne l'avait pas aperçu, songea-t-il, elle m'en aurait fait la remarque !

Alors qu'il reculait de quelques pas pour admirer de loin le tombeau, un phénomène surnaturel se produisit.



Révélation

Une lueur blanche et étincelante se matérialisa au fond de la clairière. Elle prit la forme d'une déesse vêtue d'une robe d'un blanc lumineux. Cette jeune femme divine marcha avec grâce en direction d'Aven. Ce dernier l'observa sans mot dire, son visage lui était familier : il reconnut ce teint opalescent, ces yeux turquoises au regard attendrissant et ces cheveux acajou qui retombaient en cascade sur ses épaules en vagues satinées. C'était l'élue de son coeur, sa tendre et douce Fenella ! Aven était subjugué par la beauté de son aimée qui lui paraissait encore plus belle que dans ses souvenirs. Son visage s'illumina à la vue d'Aven, son regard brilla de passion, ses émotions n'avaient pas perdu de leur intensité, elles étaient au contraire plus fortes, plus puissantes. Fenella savait qu'elle était revenue près de son aimé pour toujours. Son peuple l'avait en effet autorisée à le rejoindre car Aven avait découvert le secret si bien gardé depuis des siècles dans ce tombeau. Ce lien particulier qui l'unissait à Fenella faisait de lui un être humain à part. Le peuple de Fenella estimait qu'Aven était prêt à connaître l'origine et le sens de ce tombeau.

- Bonjour Aven ! fit-elle d'une voix vibrante, émue par l'émotion.

Aven la regarda ébahi, sans mot dire. Puis il lui prit les mains qu'il apposa à son visage, s'imprégna de leur douceur et en huma le délicieux parfum. Son coeur battait la chamade. Il n'avait qu'une envie, l'étreindre et déposer sur ses lèvres suaves un tendre baiser. Mais le visage sérieux de sa bien-aimée l'en empêcha. Il sentit qu'elle avait quelque chose d'important à lui transmettre.

- Aven, je ne suis pas ici par hasard. La découverte de ce tombeau n'est pas une coïncidence. Nous sommes déjà venus ici il y a une dizaine d'années juste avant mon départ mais tu ne pouvais pas le voir.

Aven, confus, l'observait d'un regard interrogateur.

- Ce tombeau, poursuivit-elle, a une valeur symbolique pour mon peuple. Il n'est visible de personne car il est caché à l'aide d'un champ magnétique de force invisible alimenté par une batterie, un extracteur de potentiel zéro.

- Comment se fait-il que je l'ai vu alors ?

- Mon peuple a conçu un champ de force pour protéger le tombeau. Ta civilisation n'était pas suffisamment évoluée et ne possédait pas une technologie telle que la nôtre. Mais toi Aven, tu as fait durant cette dernière décennie preuve d'une maturité bien supérieure à celle des autres terriens. Tu es aux yeux de mon peuple un être exceptionnel, notre civilisation t'a observé et analysé. Aujourd'hui mon peuple sait que tu es un élément clé de l'univers. Tu es le messager des terriens. Tu va changer l'avenir de l'humanité et du monde.

- Mais pourquoi parles-tu de TON peuple ? En quoi te distingues-tu de moi, Fenella ?

- Je ne suis pas tout à fait comme toi et tes semblables, Aven. Je suis une Métis. Ma mère était une Terrienne alors que mon père est un Atlante.

- Un Atlante ? répéta Aven sans avoir l'air de comprendre.

- Tu connais le mythe de l'Atlantide selon lequel les Atlantes auraient été engloutis ?

Aven acquiesça d'un signe de tête, regardant sa bien-aimée, éberlué.

- Ce peuple n'a pas été englouti, les Atlantes sont retournés dans l'espace avec leur vaisseau spatial quand il ont senti la menace d'une catastrophe imminente. Les Atlantes sont des extra-terrestres comme les Galiens mais contrairement à eux qui sont dépourvus d'émotions, ils se rapprochent des terriens sur ce point et sur le plan physiologique et sensoriel, ils ont de bonnes intentions à l'égard de l'humanité.

- Que faisaient les Atlantes sur terre il y a plus de deux mille ans ?

- Ils étaient venus pour étudier les terriens, ils n'en ont pas eu vraiment le temps en raison de cette catastrophe qui a ravagé l'île sur laquelle ils vivaient.

- Pourquoi ne sont-ils pas revenus sur la planète après la catastrophe pour poursuivre leur étude ?

- Ils ont fait une découverte inattendue après leur retour sur leur planète, une découverte qui les a fait changer d'avis. Ils ont compris qu'il était beaucoup trop tôt pour partager leur technologie avec la civilisation humaine.

- Pourquoi ?

- Ils ont détecté la présence de la sonde Voyager. Ils ont suivi les instructions pour écouter le disque glissé à l'intérieur de la sonde, ont reçu le message. D'après les informations laissées sur la sonde, ils ont cru renvoyer le message au bon moment et au bon endroit en se basant sur des calculs très précis mais les informations étant faussées, ce message s'est retrouvé sur ce tombeau il y a de cela plus de deux mille ans. Depuis, ce tombeau est protégé par un champ magnétique invisible. Les Atlantes attendaient que la race humaine soit suffisamment évoluée pour rendre visible ce tombeau. Le destin m'a conduite vers toi : tu es ce messager qui va établir le contact entre nos deux peuples. Mon peuple t'a vu évoluer durant ces dix dernières années : tu es exceptionnel, pourvu d'une intelligence hors du commun, capable de nous aider dans l'évolution de l'univers !

Un silence se fit entre les deux amants, puis Fenella poursuivit son explication d'un ton grave.

- Un lien particulier nous unit l'un à l'autre, Aven, un lien que personne ne peut rompre ! Le destin en a décidé ainsi ! Je suis le premier être vivant issu d'un Terrien et d'un Atlante et toi tu as été choisi pour établir le contact entre mon peuple et le tien. Le destin nous a réunis pour une mission précise, celle de perpétuer la descendance de nos deux peuples en poursuivant l'oeuvre des Atlantes. La technologie des Atlantes est si élaborée qu'elle nous permet déjà de parcourir des Galaxies plus lointaines. Nous sommes certains qu'il y a d'autres planètes à conquérir. L'univers est une source de trésors dont nous ne connaissons qu'une infime partie.

Aven fixait le tombeau, l'air songeur. Les révélations de Fenella le laissait pantois. Il était à la fois stupéfié et émerveillé. Les Atlantes étaient un peuple très évolué, en avance sur les Terriens de quelques milliers d'années avec une technologie si élaborée qu'elle pourrait permettre aux Terriens de concevoir un avenir plus prometteur pour leur planète.

- Mais pourquoi les Atlantes tiennent-ils tant à se lier aux Terriens ? fit Aven intrigué.

- Comme je l'ai souligné, les Atlantes et les Terriens sont semblables sur plus d'un point. Il se trouve que les Atlantes sont menacés d'extinction car leur population est très vieille, ils ne sont plus féconds. Grâce à leur technologie, ils prolongent leur espérance de vie de plusieurs décennies mais leur civilisation vieillit, ils ont besoin de jeunes pour poursuivre leur mission et surtout de descendants.

Fenella prit les mains d'Aven, arborant un timide sourire et lui dit d'une voix douce :

- Aven, nous allons être le premier couple à perpétuer l'espèce des Atlantes. Nous allons vivre notre amour au grand jour jusque la fin de notre vie. Nous ne serons plus jamais séparés ! N'est-ce pas merveilleux ?

- Comment peux-tu affirmé cela avec une telle certitude ? Nous ne sommes pas à l'abri des Galiens.

- Les Galiens ne peuvent plus nous nuire, les Atlantes sont là pour nous protéger.

- Comment pourrait-il nous protéger des Galiens ?

- Je vais tout te raconter dans les moindres détails, du jour de mon enlèvement par les Galiens jusqu'à ce jour et tu comprendras la puissance des Atlantes.


L'histoire de Fenella

Fenella expliqua à Aven ses premières impressions après avoir été enlevée par les Galiens. Ces derniers l'avaient transportée dans leur vaisseau spatial où il l'avait enfermée dans un compartiment livrée à elle-même. Elle n'eut aucun contact avec les autres durant des semaines. Les Galiens cherchaient à affaiblir Fenella tant sur le plan mental que physiologique. Une fois qu'elle fut suffisamment abattue, ils lui rendirent visite, lui demandant si elle était prête à collaborer avec eux. Elle n'eut pas vraiment le choix et acquiesça d'un signe de tête. Ils lui firent subir une série de tests, entreprirent des expériences sur elle et ils lui posèrent des centaines de questions sans lien apparent les unes entre les autres. Les Galiens voulaient en fait obtenir des informations capitales qui les aideraient dans l'exploration de la Galaxie. Ils réussirent grâce à ce stratagème à obtenir des données confidentielles qu'ils exploitèrent à leur avantage.

C'est ainsi qu'ils découvrirent l'existence d'Atlantis, la planète d'origine de Fenella. Ils accueillirent cette révélation avec un grand enthousiasme et se hâtèrent d'entreprendre des recherches sur ce peuple. Ils espéraient conquérir leur planète et se l'approprier si elle était viable pour eux. Ils pensaient cette tâche aisée mais, les Atlantes ayant un pouvoir largement supérieur à celui des Galiens, stoppèrent leur mission peu de temps après son commencement. Les Atlantes étaient en effet doués de télépathie si bien que Fenella les avait informés des intentions des Galiens.

Les Atlantes connaissaient la mauvaise réputation des Galiens mais n'avaient pas songé qu'un jour, ils devraient se battre contre eux. Ils anéantirent les projets de ces derniers en l'espace de quelques mois. Les Galiens s'étaient en effet rassemblés en petits groupes armés, prêts à attaquer Atlantis. Ils avaient placé des vaisseaux spatiaux tout autour d'Atlantis pour mieux atteindre leur cible. Mais les Atlantes avaient installé un dispositif de surveillance efficace et très bien camouflé. Ils suivirent ainsi la progression de leurs ennemis. Quand tous les vaisseaux des Galiens furent prêts à passer à l'attaque, ils virent arriver un vaisseau insignifiant. Juste au moment où ce dernier fut à portée de tir, les Atlantes déployèrent un écran de protection à l'aide de l'extracteur de potentiel zéro. Les Atlantes avaient installés dans ce vaisseau des bombes électromagnétiques pour neutraliser les systèmes de propulsion des vaisseaux galiens.

Sans y être préparés, les Galiens assistèrent à un spectacle saisissant : un véritable feu d'artifice illumina l'espace, une lumière jaune vif, orangée, semblable à une boule de feu prit forme et se décomposa en une multitude d'étincelles qui éclatèrent de toute part du vaisseau. Les Atlantes venaient de le faire exploser afin de mettre les vaisseaux de guerre de leurs ennemis hors d'usage. Les Galiens étaient désormais impuissants et abandonnèrent la bataille car ils étaient en nombre réduit comparés aux Atlantes. Ils lancèrent un appel de détresse à leur peuple pour qu'on leur envoie des vaisseaux de secours. Les Atlantes les laissèrent agir, permettant leur évacuation, ils ne voulaient pas attenter à leur vie mais les mettre hors d'état de nuire. Des soldats vinrent à leur rescousse le plus rapidement qu'ils purent et laissèrent les vaisseaux de guerre sur place. Une fois que les Galiens eurent quittés ces derniers, les Atlantes les détruisirent. La menace galienne avait pris fin, les Atlantes sortaient vainqueurs de cette lutte, montrant ainsi leur supériorité sur les autres civilisations de l'espace.

Aven avait écouté attentivement le récit de Fenella. Il était abasourdi par ces révélations, par l'éviction des Galiens grâce aux Atlantes. Cependant, il ne put s'empêcher de demander à Fenella les raisons pour lesquelles elle ne l'avait pas rejoint plus tôt sur Terre.

- Je n'avais pas vraiment le choix, Aven. Suite à mon emprisonnement par les Galiens, je suis restée longtemps dans un état critique, j'étais très affaiblie physiquement et moralement. Et les Atlantes voulaient d'abord t'analyser sans mon intervention. Ils voulaient s'assurer que tu étais le Terrien idéal pour poursuivre leur mission, que mon attirance pour toi était fondée. Ils ont compris rapidement que nous étions unis par un lien particulier. Nous sommes semblables en plus d'un point mon tendre Aven. Après avoir fait de multiples analyses sur nous, il en est ressorti que nous sommes le couple idéal pour perpétuer la race humaine et atlante. Mon peuple a également étudié nos facteurs sensoriels. D'un point de vue émotionnel, nous sommes complémentaires, faits pour nous entendre pour une éternité. ... Pour résumer les choses simplement, nous ne formons qu'un seul et même être. Nous sommes destinés l'un à l'autre !

Aven écarquilla les yeux. Il était heureux d'entendre de la bouche de sa bien-aimée qu'ils étaient faits l'un pour l'autre.

- Que va-t-il se passer maintenant ? demanda-t-il inquiet.

- Tu n'as aucune raison de te tourmenter. Nous allons rester ensemble et unis pour le restant de nos jours. Les Atlantes vont venir nous chercher pour nous ramener sur Atlantis. Ils m'ont promis de nous laisser seuls le temps nécessaire pour que je te présente ma planète d'origine et que nous concrétisions notre amour par la naissance d'un mi-Atlante, mi-Terrien. Tu participeras ensuite à leur mission dans le cadre de l'évolution des diverses civilisations et tu auras la possibilité de revenir sur Terre si tu le souhaites.

- Et toi que deviendras-tu durant cette période ?

- Je resterai à tes côtés où que tu ailles et prendrai soin de notre progéniture, termina-t-elle en riant, le scrutant du coin de l'oeil. Nous sommes la clé de l'avenir, les Atlantes ont besoin de nous pour perpétuer leur race et les terriens de leur savoir pour sauver leur planète.

- C'est une belle perspective pour nous, fit remarquer Aven en s'approchant de Fenella pour lui poser un baiser délicat sur ses lèvres.

Ils restèrent ainsi enlacés un long moment avant que les Atlantes arrivent avec leur vaisseau pour les conduire sur Atlantis.


La découverte d'Atlantis



Quand ils arrivèrent sur Atlantis, Aven fut émerveillé par le paysage qu'offrait cette planète. Il avait l'impression d'être parvenu au jardin d'éden. Des fontaines d'eau pure jaillissaient de rochers aux couleurs feu et retombaient en petites cascades dans des rivières qui sillonnaient de toute part ce magnifique jardin baignant dans une lumière divine. Aven voyait à perte de vue toutes sortes d'arbres et de plantes aux fruits en apparence délicieux, et des animaux pacifiques gambadaient au milieu de ce lieu idyllique.

Il s'engagea avec Fenella dans une allée bordée de massifs en fleurs qui conduisait à la lisière d'une forêt. Une fois qu'ils se trouvèrent sous les arbres, ils marchèrent sur un sentier recouvert de pierres qu'Aven n'avait encore jamais vues sur terre. Elles étaient lisses et brillantes. En s'enfonçant sur ce chemin boisé, Aven fut submergé par un sentiment de plénitude. Il avait l'impression d'être transporté dans un univers de sensations uniques, à l'unisson avec Fenella et la nature.

Ils arrivèrent devant un temple dont la façade se composait de huit colonnes. Le toit était recouvert de tuiles en bronze doré et les portes de lames semblables à de l'or. Trois statues trônaient à l'entrée des portes : elles étaient vêtues d'une étoffe précieuse et leur visage était peint en rouge, elles tenaient dans la main droite un objet inconnu d'à Aven. Ils pénétrèrent dans une vaste pièce au centre de laquelle prenait place une fontaine dont les vertus étaient indiscutables. L'eau de cette dernière apportait en effet une longue vie et l'amour. Fenella conduisit Aven au fond du temple pour lui faire découvrir la beauté des jardins qui procurait une certaine sérénité. Puis ils rebroussèrent chemin pour prendre leurs quartiers dans l'une des salles attenantes à la pièce principale. Ils résideraient ici aussi longtemps qu'ils le voudraient. Ce temple leur était en réalité consacré : Aven et Fenella représentaient le symbole d'une nouvelle ère, l'espoir pour les Atlantes et les Terriens.

Aven jeta discrètement un regard en coin à sa bien-aimée, il nageait dans une béatitude dont les sensations étaient nouvelles à ses yeux. Il avait le sentiment que ses sens étaient décuplés depuis qu'il avait posé le pied sur Atlantis. Une fois seuls dans la pièce, ils s'arrêtèrent un bref instant. Aven promena son doigt sur les lèvres de sa bien-aimée puis inclina sa tête pour échanger un baiser sensuel. Fenella sentit grandir en elle une vague déferlante de désir qui la fit frissonner. Elle s'agrippa à lui. Lisant son désir dans ses yeux, Aven l'entraîna au centre de la pièce où trônait un lit drapé d'étoffes bleues et dorées. Il la fit glisser sur celui-ci. Les mains de Fenella descendirent le long du corps musclé et bronzé d'Aven, éveillant en lui un intense désir qu'il refrénait depuis des années. Leurs corps ne formèrent plus qu'un seul et unique être, les unissant d'un amour puissant et vibrant. Sans le savoir ils venaient de féconder leur premier enfant, symbole de toute une histoire : celle des Atlantes et des Terriens.

La descendance des Atlantes était assurée tandis que l'avenir de l'humanité était désormais entre les mains des Atlantes, de nobles mains qui allaient secourir la planète Terre avant qu'elle ne s'éteigne à jamais.

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